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LE GENOCIDE RWANDAIS ET LA RESPONSABILITE DE L'OCCIDENT

LE GENOCIDE RWANDAIS ET LA RESPONSABILITE DE L'OCCIDENT
Entre le 7 avril et le 17 juillet 1994, près d'un million de Rwandais tutsis et hutus modérés furent massacrés par les milices extrémistes, dans l'indifférence générale de la communauté internationale.


Pour comprendre ce génocide, il faut comprendre la rivalité entre les deux principales ethnies du pays : les hutus (majoritaire) et les tutsis. Ils parlent la même langue, ont les mêmes traditions, la même religion et ils ont vécu ensemble durant des siècles sans aucun problème : ils sont rwandais.
Ce sont les Belges qui vont monter les hutus contre les tutsis dès 1916 (date a laquelle le Rwanda devient colonie belge). Les colons vont répandre l'idée que la minorité tutsi est supérieure et plus élégante que la majorité hutue. Ils créent une élite tutsie et tous les postes clés de l'administration leur reviennent. Ce favoritisme va engendrer au fil des ans un sentiment anti-tutsi chez les hutus.
Au cours des années 50, cette élite tutsie, éduquée, va aspirer à l'indépendance du Rwanda. Les Belges vont tout faire pour contrer les élans indépendantistes de cette élite. Les tutsis vont dès lors subir de la part de leurs colonisateurs une campagne de diabolisation, autrefois favorisés, ils sont maintenant les ennemis des Belges. En 1959 les hutus, en retrait de la vie politique depuis des dizaines d'années, sont subitement mis au pouvoir par la Belgique. Ce revirement va exacerber les rivalités entre les deux ethnies. C'est l'heure des premiers massacres envers les tutsis (on parlerait de 100 000 morts). En 1962, la Belgique accorde dans des conditions déplorables l'indépendance au Rwanda. Avant de quitter le pays, les Belges instaurent des cartes d'identité sur lesquelles doivent apparaître l'ethnie de chaque individu...



En 1990, le FPR (Front Patriotique Rwandais) composé de rebelles tutsis tente un coup d'état contre le président hutu Habyarimana qui s'est emparé du pouvoir en 1973 et qui depuis mène la vie dure aux tutsis. S'en suit une guerre civile de 3 ans avec son lot de morts, de persécutions et de déportations.
Un traité de paix est signé en décembre 1993 par le président hutu Habyarimana et les rebelles tutsis du FPR. Ce traité prévoit le partage des pouvoirs entre tutsis et hutus.
Le 6 avril 1994, l'avion du président rwandais est abattu par deux missiles sol/air. L'assassinat du président va mettre le pays a feu et a sang.
Le lendemain, les Forces Armées Rwandaises (FAR) aidées des milices Interhamwé (extrémistes hutus) vont commencer l'extermination des tutsis ainsi que des hutus modérés, le génocide débute. Devant ces violences, les occidentaux fuient le pays, les armées belges et françaises se retirent du pays laissant la minorité tutsi livrée a elle-même. Pendant 100 jours les milices hutus vont massacrés a coups de machettes tous les tutsis qu'ils trouvent sur leur passage, même les hôpitaux, les églises et les orphelinats ne sont pas épargnés. Au cours de cette période entre 800 000 et 1 million de personnes vont mourir dans des conditions atroces devant les yeux du monde entier.
L'avancée progressive des rebelles armés tutsis du FPR face aux FAR hutues va mettre fin aux massacres. Le 14 juillet 1994 les rebelles gagnent la guerre et les FAR fuient dans les pays voisins : c'est la fin du génocide.



Parlons maintenant de la responsabilité de l'Occident et notamment de la France dans ce génocide.

Les soldats de l'ONU étaient en place dans le pays depuis 1993 afin de veiller au respect du traité de paix, or le 15 avril (1 semaine après le début du génocide), le conseil de sécurité de l'ONU décide de réduire le nombre de ses casques bleus au Rwanda : ils passent de 2500 hommes a 270...270 casques bleus (ayant l'interdiction de tirer) pour faire respecter l'ordre dans tout le Rwanda : dérisoire ! Les milices deviennent incontrôlables, personne n'est présent pour les empêcher de mener à bien leur épuration ethnique.
De plus, alors que les massacres battent leur plein, l'ONU refuse d'envoyer des casques bleus supplémentaires pour arrêter ce génocide. Il faudra attendre le 23 juin, soit deux mois après le début de la tragédie, pour que l'opération « turquoise » soit autorisée : 2500 soldats de l'ONU postés au Zaïre sont envoyés pour protéger les civils et assurer l'acheminement de l'aide humanitaire.


Les Etats-Unis étaient au courant qu'un génocide se préparer et ce depuis la fin de l'année 1993. Une loi américaine oblige la CIA et le FBI à rendre publique certains dossiers secrets au bout de quelques années. En 2001, 16 documents classés « top secret » par la CIA sont publiés sur Internet : ils sont accablants !
Tout d'abord, le premier document est un fax du général Dallaire (daté du 11 janvier 1994) à l'encontre des officiels américains et onusiens. Dans ce fax, il indique clairement qu'il existe des camps d'entraînements hutus ainsi que d'importantes caches d'armes. Il cite un chef de l'armée rwandaise chargé de superviser ces camps « on entraîne jusqu'à 300 hommes en 3 semaines afin qu'ils apprennent a tuer...mes hommes peuvent tuer 1000 tutsis en 20 minutes ». Le général Dallaire informe, toujours dans ce même fax, qu'il prévoit de lancer un raid sur les multiples caches d'armes. Quelques jours plus tard, l'ONU et les Etats-Unis le lui interdisent. Ce sont ces caches d'armes qui serviront à tuer plus de 800 000 tutsis quelques mois plus tard.
Ces documents « top secrets » de la CIA révèlent aussi que le gouvernement des USA a demandé à ses représentants de ne pas prononcer le mot « génocide » lors des faits mais de parler « d'actes de génocide ». L'emploi du mot « génocide » pouvant entraîner une intervention de l'ONU pour stopper les massacres.
Autre point brûlant des documents de la CIA, l'opération « commando solo ». Cette opération consistait à brouiller les ondes radios au Rwanda grâce a des avions militaires, empêchant ainsi les radios hutus à appeler au meurtre des tutsis. En avril 1994 il y avait au Rwanda 1 poste pour 15 habitants (autant dire que les récepteurs étaient fort nombreux), la radio extrémiste hutue RTLM (surnommée radio télé la mort) exhortait les hutus a longueur de journée a exterminer « ces cafards de tutsis » allant jusqu'à dénoncer les endroits ou se cachaient des tutsis et a diffuser les noms et adresses des tutsis. L'opération « commando solo » aurait pu empêcher la propagande raciste et génocidaire de ces « médias de la haine » : cette opération ne sera jamais lancée.


Abordons maintenant le cas de la France sur qui pèse les plus graves accusations concernant ce génocide.

Pendant 20 ans, la France a soutenu sans condition le régime autoritaire et raciste du président hutu Habyarimana. En 1989 les FPR (rebelles tutsis) tentent un coup d'état pour renverser le régime d'Habyarimana, ils seront repoussés par les armées franco-belges basées au Rwanda pour protéger le pouvoir en place (pouvoir qui persécute la minorité tutsie !). La France s'engage même en 1990 a former les cadres de l'armée hutue qui créeront par la suite les Interhamwé (milices extrémistes hutues chargées de réduire a néant la race tutsie). Le 3 mars 1992, alors que l'armée française continue de former l'armée hutue, les milices extrémistes assassinent tous les tutsis du sud de la capitale Kigali : aucune réaction de la France.
Entre 1992 et 1994, le régime hutu va acheter des milliers de machettes et de mitraillettes (qui serviront pendant le génocide). Devinez qui vendait ces armes au gouvernement hutu ? La France. Et qui prêta des millions de dollars a ce même gouvernement hutu et dans le seul but d'acheter ces armes ? Le crédit lyonnais ! Aujourd'hui le crédit lyonnais et l'état français réclament à la population rwandaise de rembourser ces crédits, on leur demande de rembourser les armes qui ont tué leurs familles et leurs proches, quelle honte !
Autre fait accablant, entre le 9 et le 14 avril 1994 (2 jours après le début du génocide) la France lance l'opération « amaryllis », les militaires français quittent le Rwanda. Paris demande par la même occasion l'évacuation de l'ambassade de France ainsi que « tout le personnel recruté sur place sans exception », pourtant seul le personnel hutu sera évacué, les tutsis travaillant a l'ambassade seront laissés au Rwanda ou les machettes se chargeront d'eux...
Mi avril 1994 Jean Hervé Bradol, directeur de médecins sans frontières au Rwanda rentre à Paris et raconte ce qu'il a vu. Il sera convoqué par l'Elysée qui lui demandera d'atténuer ses accusations à l' encontre de la France.
Le 23 juin 1994, l'ONU envoie 2500 casques bleus français au Rwanda (opération « turquoise »). Cette opération aurait permis selon certains experts de couvrir la fuite de plusieurs génocidaires hutus fuyant l'avancée des rebelles tutsis du FPR ; rappelons qu'une grande partie de la garde présidentielle d'Habyarimana a participé au génocide et à trouver asile en France a la fin du génocide.

En 2000 un rapport parlementaire français nie en partie la responsabilité de la France dans ce génocide et accuse les rebelles tutsis du FPR (actuellement au pouvoir) d'avoir commandité l'attentat contre l'avion du président Habyarimana le 6 avril 1994. La plupart des spécialistes estiment qu'un tel génocide, si rapide (dès le 7 avril !) et d'une telle ampleur, a forcément été planifié. Dans ce cas là, l'attentat aurait de grandes chances d'être l'oeuvre d'extrémistes hutus refusant le traité de paix signé par Habyarimana et les rebelles tutsis.


Kofi Hannan a publiquement reconnu la responsabilité de l'ONU lors de ce génocide ; en revanche la France et les Etats-Unis continuent de nier leurs responsabilités malgré les évidences qui les pointent du doigt.
L'Occident est en partie responsable d'un million de morts ; la rivalité entre tutsis et hutus a été crée par la Belgique il y a plus d'un siècle, rivalité qui conduira a ce massacre ethnique. La France a fournit les armes aux génocidaires, elle les a entraînés.
La communauté internationale n'a rien fait pour éviter ces tueries alors qu'elle en avait les moyens.

Malheureusement le Rwanda n'a ni de pétrole, ni de gaz, ni aucune richesse ; certains n'hésitent plus a parler d'un « génocide européen » en ce qui concerne le Rwanda.
« Aux yeux de l'Occident tu es pire qu'un nègre, tu es Africain... »

Je finirai par rappeler qu'il y a deux semaines on commémorait au Rwanda les victimes de ce génocide, cela fait 11 ans maintenant.

L'un d'entre vous en a-t-il entendu parler ?
Avons nous eu droit a ces émissions spéciales commémorations ?
Ou mieux !avons nous eu droit a la minute de silence dans les lieux publics ?

La réponse est non, on commémore les 3000 victimes new-yorkaises, les 200 victimes madrilènes, les victimes de la seconde guerre mondiale, mais lorsqu'il s'agit du million de morts rwandais...Et nous (la France) osons aller faire la morale au monde entier concernant les droits de l'homme !

« Tous les hommes sont égaux » quelle belle utopie...

Sabar.


Film a voir : « hôtel Rwanda » (actuellement en salle)

# Posté le lundi 25 avril 2005 15:34

Modifié le mercredi 23 mai 2007 00:56

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